vendredi 20 novembre 2009

Flemish is not a crime


Je me suis réveillé hier matin avec la voix de James Ensor. Ce matin, c'était celle du nouveau président du conseil de l'union européenne. C'est fou ce qu'être flamand est tendance en ce moment. Sans rapport de causes à effet, je reprends l'apprentissage de cette langue de torture la semaine prochaine avec une jeune professeur qui me fait l'effet de m'en faire... . Quand elle venait pour l'évaluation de mes besoins linguistiques, j'ai eu cette envie furtive d'utiliser ma langue à d'autres fins que celle de manier cet idiome barbare mais très indispensable dans ma quête quotidienne de deniers supposés faire de moi en homme riches, puissants. Mais je constate que même les hommes puissants (ou ceux qui aspirent à le devenir) sont malléables, taillables et corvéables par la simple apparition d'une elfes. Pour être cru, j'ai terriblement envie de la manger. Et si pour une fois, j'étendais mon domaine de chasse...

Je divague. Je suis un monogame, bon père, bon compagnon, bon ami. Un homme bien sous tous rapports à qui l'idée de sauter sa prof particulière de langue dans le calme de son grand bureau après 17h ne viendrait jamais. N'est-ce pas ?

mardi 17 novembre 2009

Mot d'excuses


Cher lecteur, je vous prie d'excuser les absences répétées du (plus si jeune que ça) Caliste. Absences dûment motivées par une série d'excuses aussi foireuses les unes que les autres que les autres :
1°/ Le temps passé sur jechercheunefemmemariée.com
2°/ Les heures gaspillées à essayer de rattraper quelques miles perdus dans son programme de fidélisation de sa compagnie aérienne favorite.
3°/ Ses multiples déplacements à l'étranger (qui ne l'inspirent même pas pour écrire des notes, le con)
4°/ Une impression générale de se perdre dans les choses inutiles (ce qui sous-tend que ce blog serait, lui, utile).
5°/ La plénitude de sa vie de couple qu'il a peine à étaler ici.
6°/ La misère corrélative de sa carrière de wannabe prédateur (rien rien depuis la double pénétration, un signe peut-être ?)

Pour la peine, il vous met une photo.
Et il me dit de vous dire qu'il ne vous oublie pas (si vous existez toujours bien entendu) et qu'il compte bien sur une reprise d'activité (même si il se sent fort dans la peau d'un ministre de l'économie et des finances en écrivant cela).

Amitiés.

Son blog.

mercredi 11 novembre 2009

moments


J'écoute Lester Young et ça ne me rajeunit. Et ça me transporte. Pendant que les radicchios à la crème frémisse là-bas sur le gaz à l'idée d'accompagner un plat de pâtes "comme à Trévise".
Je me laisse gentiment tenté à nouveau. Je n'essaie plus de me corriger. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Je resterai comme je suis. Je ne m'amenderai sans doute jamais et je suis promis si pas à l'enfer du moins à un purgatoire psychanalytique si du moins quelqu'un essaie de me comprendre encore.
Je suis imperceptible et multiple mais j'en reviens toujours aux mêmes points, à ce qui me fait vivre et avancer... Cette envie folle qui me prend parfois de sentir un nouveau corps sous mes mains...

Et pourtant dans quelques jours, je serai avec elle dans le petit appartement où tout a commencé. Et ce sera toujours aussi bon...

vendredi 6 novembre 2009

un jeudi soir sur terre


Il est 17h. Aïcha roule dans sa 205 complètement pourrie en direction de la ZI de Casa. Elle vient de passer une journée complètement oisive à circuler entre sa connexion internet (mais son modem 56k l'a une fois de plus lâchée, il est temps d'investir dans l'ADSL ma chérie) et son canapé à s'abrutir devant les sitcoms brésiliens et les émissions de télé achat.

Il est 19h. L'homme rentre vidé par une journée de travail pourtant assez ordinaire, faite de réunions dispensables, de coups de téléphone intempestifs, de gestion de personnes ingérables et d'auto-satisfaction. Il n'aspire qu'à un bonheur simple : avaler une soupe préfabriquée et du pain, mater les dernières mises à jour de youporn et regarder un match de foot opposant son équipe favorite à une sombre formation issue d'un pays issus de la défragmentation brutale de l'Europe communiste.

Il est 17h15. Aïcha se signale à son superviseur. Elle en profite pour lui demander un jour de congé ce dimanche, histoire de pouvoir aller faire de la figuration au mariage de sa cousine, quelque part du côté de Mohammedia. Elle sait qu'elle devra affronter la camarilla de circonstances des cousins, oncles et amis de la famille en tout genre qui se signaleront et qui vont tenter de la convaincre qu'une jeune fille qui présente aussi bien qu'elle devrait se trouver un mari dans les meilleurs délais, (et pourquoi pas eux dans le fond) afin de faire taire les rumeurs les plus sordides sur son train de vie. Elle se sent pourtant la force de leur tenir tête. Elle parcours ensuite les quelques mètres qui la sépare du bureau du superviseur et introduit son code afin de mettre en route son système. Elle lit ensuite sa feuille de route. Aujourd'hui, elle va vendre des encyclopédies de jardinage. Son listing est long, très long, et elle se demande comment elle va parvenir à l'épuiser durant les 4 heures qui suivent. Surtout en atteignant les objectifs complètement délirants qu'on lui a donné cette semaine.

Il est 19h15, l'homme s'est maintenant allongé sur le canapé. La soupe est un vieux souvenir dans le lave vaisselle qui déborde. Il est occupé à mater Sasha Grey en train de jouer avec les sexes de 4 grands blacks et le pire c'est qu'elle semble aimer ça, et le pire c'est que l'homme aime ça même s'il commence un peu à se lasser de ce genre d'images et qu'il aimerait renouveler le scénario. Il bascule de temps en temps sur un forum de discussions sur les clubs échangistes mais qui est également truffé de bonne adresse de salon de massage, où le sexe se tarifie sans discount. La crise n'est pas passée par là.

Il est 19h30, Aïcha en est déjà à son 4ème appel. Et une fois encore, c'est un gosse qui décroche. Elle n'aime pas les enfants. En tout cas ceux qui décrochent et qui ont l'air en service commandé et qui lui pourrissent la vie. Elle ne peut même pas les indiquer comme prospect, même si d'autres le font, avec l'approbation tacite du superviseur, mais vu le prix à payer pour ces rapines, elle préfère encore aligner des chiffres médiocres...

Il est 19h30 et Sasha Grey commence à en terminer avec ses 4 blacks à coup de «fuck me oh yeah fuck me ». L'homme souhaiterait également en terminer mais il a de plus en plus mal ses derniers temps. C'est sans doute l'épisode de la pipe de ce midi qui obstrue son envie d'avoir une saine éjaculation au creux de sa main. Il sait, comme beaucoup d'homme, que sa plus fidèle compagne n'est pas la collègue un peu bouffie qui se laisse aller avec sa bouche contre une série de coups de queue au bord d'un étang aux eaux saumâtres qui, le midi, est le terrain de jeu préféré des couples illégitimes de la Z.I., mais bien sa main gauche qui l'accompagne depuis plus de 25 ans sans la moindre incartade...

Il est 17h35, Aïcha a pointé un nom un peu bizarre dans sa liste et compose le numéro.
Il est 19h35, le téléphone sonne et l'homme maugrée contre cette foutue ligne fixe qu'il aimerait bazarder depuis des mois... Il met Sasha Grey en pause mais ne prend pas la peine de remballer son sexe à moitié tendu. A quoi bon.
  • Il est 17h36 et Aïcha commence sa litanie :
  • Bonjour puis-je parler à Monsieur Lhomme ?
  • C'est lui-même répond l'homme avec la voix sec de celui qui va vouloir en terminer rapidement.
  • Et bien Monsieur Lhomme, je suis ravie de faire votre connaissance. Je m'appelle Marie-Pierre et je travaille pour la société Dugenou. Connaissez-vous notre encyclopédies des jardins, Monsieur Lhomme ?
  • Non, et ça ne m'intéresse pas.
  • C'est dommage, Monsieur Lhomme. Savez-vous que nous avons une promotion exceptionnelle pour vous ce mois-ci ?
  • Allo ?
  • Monsieur, vous m'entendez ?
  • Allo ? Allo ? C'est fou ça la ligne est coupée.
  • Monsieur Lhomme, s'il vous plaît ? Vous m'entendez ?
  • Allo ? Allo ?

Il est 17h37, Aïcha pointe un prospect et se dit que c'est toujours ça de pris. Elle prend la peine de transférer la ligne de l'homme sur la liste verte.
Il est 19h37 et l'homme s'en retourne à Sasha Grey. Le match va commencer. Dans un éjaculat assez satisfaisant, il pense à Marie-Pierre et sa peau dorée en se prenant à rêver d'un voyage au milieu des gazelles de Casa.
Il est 17h38 et Aïcha consulte pour la première fois de la journée sa messagerie meetoc. 59 messages l'attendent.

jeudi 5 novembre 2009

Berlin mon amour


Berlin n'est pas que la capitale de mes vices ultimes.
C'est une ville où je me sens dans mon biotope. 

Une ville où je sais que je vivrai un jour.
Dans un appartement défraîchi d'une rue calme de Schönberg.
Et même si Tempelhof est fermé, que l'on n'y mange plus de salade de pommes de terre en attendant le bimoteur qui nous ramène chez nous après quelques jours de dépravation, je continuerai à aller péleriner là-bas.
 



Berlin est un eden pour le libre penseur, l'hédoniste, le curieux. Un havre qui n'aurait jamais dû cessé de servir de creuset aux créations les plus fortes.

Alors depuis quelques jours, mon échine se cabre et se secoue à chaque évocation de la chute du mur. Parfois je m'énerve, comme sur Patrick Rothman, parfois je me sens téléporté là-bas, un soir d'été, à enchaîner les bionade sur une terrasse ou en balade sur la karlmarx allee. Les yeux rivés sur le décolleté d'une jeune berlinoise. On reste ce qu'on est.